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![]() Février 2001…un saut de 7 ans dans le passé pour (re)découvrir un jeu d’exception sur une console qui faisait des merveilles, mais qui malheureusement n’existe plus (dit-il la larme à l’œil). Phantasy Star Online (PSO pour les intimes) c’était de très beaux graphismes (pour l’époque cela va sans dire), des nombreuses nuits blanches et surtout la possibilité de jouer en ligne, comme le nom du jeu l’indique, une révolution sur console !
Avant de commencer le test de cet incroyable jeu, pourquoi ne pas faire un petit topo sur la console sur laquelle il tournait ? La fameuse Dreamcast qui offrait une alternative plus qu’intéressante à la PS1. Sur ses quelques années de vie elle a accueilli de sacrées bombes : Shenmue, Skies of Arcadia, Jet Set Radio, Dead or Alive 2, Soulcalibur, Virtua Tennis, Samba de Amigo, Rez pour ne citer qu’eux. Première console qui permettait d’aller sur Internet, de surfer librement, et le confort était la : il était possible de connecter un clavier et une souris. Pour ceux qui n’avaient pas de pc à l’époque et qui voulaient s’éclater sur des jeux console, la Dreamcast était un combo parfait. Ce fût mon cas, le plaisir de goûter à de pures tueries était complété par la possibilité d’aller sur Internet, avec une vitesse réduite et l’impossibilité d’ouvrir plus d’une page à la fois mais qu’à cela ne tienne, l’expérience pouvait être vécue pour la première fois bien calé dans son fauteuil devant sa télé ! Les petits plaisirs de la Dreamcast ne s’arrêtaient pas la, en guise de carte mémoire, il y avait une mini Gameboy appelée VMU avec un petit écran, deux boutons et une croix multidirectionnelle. On pouvait télécharger sur certains jeux des petites applications plus ou moins sympathiques, vraiment une très bonne et originale trouvaille. Mais malheureusement, face au monstre qu’était la PS2, la Dreamcast n’a pas tenu, dommage, très dommage vu l’originalité des jeux qui sortaient dessus. Mais revenons au merveilleux PSO maintenant ! Par ou commencer….peut-être en précisant que ce n’est vraiment pas un RPG traditionnel, ici pas de combats au tour par tour, en effet cela aurait été inapproprié pour le jeu en ligne. C’est donc un pur A-RPG tirant sur le Hack’n’Slash. On est plus proche d’un Baldur’s Gate que d’un Final Fantasy bien que dans les deux cas ce qui scotchera le joueur devant son écran est l’éternel course à l’expérience et au level-up.
L’histoire, plutôt anecdotique, nous emmène sur Ragol pour retrouver l’équipe de Pioneer 1, constructeurs du Central Dome et disparus depuis une explosion sur la planète. Après cet incident fâcheux la faune locale a considérablement gagné en agressivité et c’est tant mieux pour nous, joueurs en quête de monstres à déglinguer ! L’histoire est assez sympa mais clairement moins développée que les RPGs traditionnels avec les nombreux rebondissements, PNJ et les scénarii très longs. Ici seulement quatre planètes, quatre boss et des petites missions qui ne sont qu’une excuse pour level-uper. En jouant à PSO on sait qu’on ne va pas vivre une épopée épique remplie de trahisons, de villages dans la neige, de grottes cachées dans le désert ou encore de tour de glace dans la contrée glacée du continent englouti.
L’intérêt n’est donc pas dans l’histoire, comme vu ci-avant, mais bel et bien dans l’évolution de son (voir ses) personnage(s). Il faut donc comprendre tout d’abord comment on construit son avatar. De nos jours, il est très courant de personnaliser son héros mais il y a 7 ans c’était plutôt rare et d’autant plus appréciable pour un RPG. Le choix était vraiment impressionnant, vu le nombre de paramètres qui entraient en jeu, on était sûr d’avoir un avatar unique. Tout commençait par le choix d’une race : humain, newman ou cyborg. Une fois sa race choisie, il fallait choisir une spécialité : Hunter, Force ou Ranger qui étaient spécialisés dans le corps-à-coprs, la magie ou la possibilité d’avoir des armes de tir. Ca faisait pas mal de combinaisons, à cela s’ajoutaient des paramètres comme la taille, la corpulence, la couleur de peau et d’habits qui donnaient un personnage exactement comme on le désirait. Une fois cette petite customisation faite, on pouvait le lancer sur Ragol et goûter aux joies de la chasse aux monstres et l’ultime plaisir de monter en level encore en encore. Les parties se faisaient en deux phases, la partie off line et la partie on-line. A l’époque, l’ADSL était rare et se connecter pas vraiment donné donc la plupart des joueurs se retrouvaient après 22h quand la connexion coûtait la moitié du prix de la journée.
Je vais donc commencer par les phases off line, le joueur, selon sa classe, pouvait porter un certain type d’arme (épée, mitraillette, spectre,…) et avait à ses cotés une petite bestiole volante qui gardait ses objets. On pouvait nourrir cette petite bête volante pour l’améliorer, un tamagoshi dans un RPG ? Plus ou moins et cela ajoutait une petite évolution annexe à l’évolution de son personnage. Le système de combat était vraiment convivial, avec une touche pour attaquer, une autre pour attaquer plus fortement et on pouvait mettre des raccourcis pour les sorts par exemple, le tout en temps réel (oui on imagine assez mal se mettre en pause dans une partie on-line). Donc au début il fallait se faire au fait que lorsque l’on navigue dans les menus, les ennemis continuent d’attaquer, d’où l’intérêt de bien customiser ses menus de raccourcis pour avoir tout sous la main. On trouvait des armes de tous les types lors de nos explorations, à priori, trouver un spectre surpuissant lorsque l’on ne peut pas jeter de sorts était assez inutile mais quand on passait aux parties on-line cela prenait tout son sens, le troc entre joueur virtuel était très courant et complètement excellent mais j’y reviendrai un peu plus tard. On trouvait également des armes pour notre classe mais non-utilisables avant un certain niveau, ce qui nous poussait encore plus à faire monter notre avatar en level !!! L’expérience, le level-up, l’essence même du RPG, parlons-en : dans PSO, il était possible d’arriver jusqu’au niveau 99, un personnage niveau 99 était synonyme de demi-dieu, forçait le respect et rendait bien évidemment envieux. Une chose très intéressante niveau level-up, lorsque l’on mourait, on retournait à la base initiale sans perdre le moindre point d’expérience, la seule chose qui se passait était le fait que l’arme portée restait à l’endroit de la mort. En off-line cela ne posait évidemment aucune problème, par contre en on-line c’était plus embêtant …si les membres de l’équipe avec laquelle on jouait était un tant soit peu malhonnêtes, ils pouvaient simplement ramasser ladite arme et la garder pour eux ! En fait les parties off-line se faisaient la journée et les parties on-line à partir de 22h et jusqu’à des heures tardives, les salons étant toujours remplis.
Passons aux phases on-line, la révolution sur console, c’est la que le jeu prenait tout son sens. On arrivait dans une espèce de grande salle, remplie d’avatars de toutes tailles, de toutes races, venant de tous les pays. Comme le jeu permettait de connecter un clavier et une souris, communiquer était aussi facile que sur un chat et tout aussi convivial, grâce à des petites bulles au dessus des personnages on voyait qui disait quoi. Des raccourcis étaient implémentés dans le système de communication et même des traductions en d’autres langues. Un système excellemment trouvé qui faisait beaucoup dans la convivialité du titre. Pour les joueurs dépourvus de clavier, un clavier virtuel apparaissait et il suffisait de sélectionner les lettres pour écrire, un peu plus long et moins sympa que le vrai clavier mais cela avait le mérite d’exister au moins. Après quelques papotages échangés, on se constituait une équipe de 4 au plus et on pouvait partir à l’aventure. Selon les affinités crées, on pouvait protéger l’accès des parties avec un mot de passe pour se retrouver entre potes. Et la c’était une expérience incroyable pour les joueurs de console qui n’avaient jamais goûté aux joies du RPG on-line, l’entraide, la complémentarité et, cela va sans dire, l’addiction impressionnante que ce jeu procurait. C’est bien simple, une partie un soir et c’était fini pour notre vie sociale, des heures et des heures de level-up s’en suivaient, des rencontres et de l’expérience à foison ! Toujours l’envie de venir se faire une petite quête pour se rapprocher du prochain niveau et pouvoir utiliser la fameuse arme qu’on gardait si précieusement dans son inventaire, avec ses points d’attaque qui laissaient rêveur… Pour des parties optimales, il était plus intelligent de créer une équipe avec un soigneur, une brute et ensuite selon ses envies pour un équilibre correct. Le système d’évolution était le suivant : il suffisait de toucher une fois l’ennemi pour profiter de l’expérience une fois qu’il mourait. Ainsi faire monter son personnage en niveaux était largement plus convivial que de faire cela seul. Et il était possible à chaque instant de lâcher la manette pour discuter, une petite blague, un petit conseil, tout était permis. Et la le troc était de rigueur, « Hey Soigneurfou666, j’ai trouvé un spectre spécial avec un niveau de défense 55 t’imagines…je te l’échange contre ton sabre laser avec double attaque latérale ok ? » C’était aussi simple que cela, souvent les joueurs de niveau bas sollicitaient l’aide des avatars avec un niveau bien plus haut, car ils lâchaient des armes terribles, synonyme de Graal pour les débutants. Mais également car ils donnaient de bons conseils, et faire du level-up avec eux était bien sympa étant donné qu’ils tuaient les ennemis en un coup. Les sorts dans PSO étaient accessibles grâce à des cartes, donc ici aussi les échanges étaient légions. Un vieux sort de niveau intermédiaire pour un personnage bien évolué était obsolète mais pour un joueur de niveau bas, c’était une bénédiction.
On rencontrait des gens vraiment sympathiques avec qui il était très agréable de se promener pour monter ses personnages, toujours prêts à aider ou à donner gracieusement des armes spéciales. Personnellement j’ai rencontré un joueur qui est devenu un ami et avec qui je suis toujours en contact, 7 ans après, si ce n’est pas fantastique ! C’est peut-être difficile de faire passer l’enthousiasme, la joie, le bonheur ressenti en jouant en groupe de cette façon, de nos jours le on-line est monnaie courante mais il faut imaginer 7 ans dans le passé, quand la PS2 n’existait pas encore, quand la pointe de la technologie c’était le 128bits. C’était réellement une révolution et une expérience encore jamais vécue pour ceux qui ne jouaient qu’à la console et n’avaient pas de pc. En ce qui me concerne j’avais accroché au concept à 100%, et je crois que c’est le jeu auquel j’ai le plus joué dans ma vie de gamer, plus de 400 heures au total on-line et off-line réunis. C’était comme une drogue, chaque soir je devais faire ma partie de PSO, faire quelques point d’expérience et retrouver mes potes virtuels. Ca commençait bien entendu à 22h pétantes pour finir bien souvent sur le coup des 3h du matin quand ce n’était pas 4h ou 5h ! Quel sentiment grisant d’appartenir à une communauté de rôlistes qui ne vivaient (virtuellement dans PSO j’entends bien) que pour atteindre le niveau 99. Et, après ces « quelques » centaines d’heures, enfin j’atteignais le niveau 99, le chemin fût long et agrémenté de mille plaisirs. Arrivé à ce stade ultime, j’étais le plus fier et le plus heureux des nerdz, avec mes doubles mitraillettes qui enlevaient plus de 4000 points de vie à l’ennemi, synonyme de mort immédiate bien entendu. J’étais un dieu parmi les quelques autres joueurs à avoir eu la patience et la joie d’y accéder. Les points d’expérience entre les niveaux étant toujours plus élevés, le passage du niveau 90 au niveau 99 était tout aussi long que le passage du niveau 1 au niveau 90. J’ai le souvenir de ma dernière phase de level-up, au niveau 98, me disant que bientôt j’attendrais le summum. Chaque monstre battu me rapprochant un peu plus du personnage parfait. Et réalisant l’aventure fantastique que j’avais vécue jusque là, mais surtout l’aventure humaine et l’esprit d’équipe possible grâce à ce jeu.
Oui nous sommes en 2008 aujourd’hui, deux générations de consoles nous séparent de PSO. Maintenant nous jouons sur des monstres de puissance dotés de disc durs, sur des écrans HD voir full HD. Alors oui voir tourner PSO de nos jours peut faire sourire, ou faire mal aux yeux…mais je vais plutôt me replacer dans le contexte de ce jeu, c’est à dire lorsqu’un Final Fantasy X (par exemple) aurait été le plus beau jeu du monde. Une époque durant laquelle on était bien loin de se douter qu’un jour, un jeu de sport réunirait Sonic et Mario, Sega et Nintenda dans le même jeu ca aurait été la blague de l’année. Voilà le décor est planté, donc le jeu, était vraiment beau et fin pour son époque, avec un style futuriste pour ses personnages et des décors assez organiques, comme par exemple la jungle luxuriante de la première planète. La variété des avatars apportait une réelle empreinte au titre qui se distinguaient vraiment des autres RPGs disponibles sur la machine, le character design était vraiment classe et on s’attachait réellement à son personnage, unique je le rappelle. Concernant la musique, rien de bien spécial mais lors des combats contre les boss, elle devenait très bonne voir épique, et vu la taille des-dits boss, cela accentuait l’intensité des combats.
Images tirées du site jeuxvideo.com
En bref...
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